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Pleine conscience: l’art subtil de la patience

par | Juil 28, 2020 | Pleine Conscience

J’ai beaucoup d’admiration pour les artisans. J’aime observer l’objet de leur art se dévoiler au fil de l’exercice de patience nourrie par la passion (2 mots qui ont la même racine).

La patience, est une autre des 9 attitudes que nous cultivons au fil de la pratique de méditation de pleine conscience. Elle est l’expression d’une compréhension et d’une acceptation que tout se développe à son propre rythme et pas forcément selon nos plans.

Cette qualité semble plus pertinente que jamais à l’époque que nous vivons face à l’hyperstimulation. Et dans le cadre de la pandémie mondiale, elle m’apparaît indispensable pour nourrir le discernement et assumer notre propre responsabilité au bénéfice de la collectivité

La patience, pas à pas

Présente en chacun.e de nous, nous pouvons a tout moment choisir de la développer.  Elle permet de réduire le stress et la souffrance associée, pour nous même et pour les autres. En effet, lorsque nous manquons de patience et projetons notre insatisfaction, notre frustration sur une autre personne, comment nous sentons nous ? Comment se sent la personne ?
De même,  lorsque nous sommes patient ou en présence de quelqu’un de patient, quelle est l’expérience ici ?

Dans la méditation de pleine conscience, nous cultivons la patience envers ce qui se manifeste intérieurement : dans l’esprit, le coeur et le corps . Ainsi, lorsque nous ressentons de l’inconfort ( douleur, agitation), que ce qui se présente « n’est pas tel que nous le voulons », nous nous entrainons à entrer en intimité avec ce qui est présent. C’est un processus qui demande beaucoup de douceur envers soi-même. C’est  aussi l’opportunité de mettre consciemment son énergie dans une nouvelle dynamique, plutôt que de rester dans des schémas inconscient de réactivités, couteux en temps et en énergie. Ce temps et cette énergie qui nous sont si précieux.

 

Comment travaille-t-on avec la patience dans la méditation de pleine conscience ?

La patience est une précieuse alliée, en méditation, elle nous apprend à respecter notre sensibilité et notre rythme, pour laisser ce processus de rencontre intime avec la vie et de clarté intérieure se développer.

Dans un premier temps elle nous invite à la pause consciente.

” Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace, et dans cet espace réside ma liberté́ de choisir”. Viktor Frankl

  1. Pause consciente – Reconnaitre: être attentif.ve à ce qui se manifeste intérieurement : impatience, agitation. La patience, nous invite à changer d’angle de perception, à être curieux. se : « que se passe-t’il si je n’en fais pas un problème ? » «  qu’est que j’apprends ici ? ». Elle nous offre l’opportunité de créer une nouvelle relation avec ce qui émerge dans l’esprit et le corps (et permettre dans le temps de créer nouvelles connexion neuronales), plutôt que de rajouter une couche d’inconfort lorsque les jugements s’invitent.

Rappelons-nous que nous ne sommes pas fautifs.ves de ce qui émerge dans le champ de la conscience (ce que la neuropsychologie appelle le « mode par défaut »). Par contre nous pouvons nous entrainer à reconnaitre ce qui se présente à l’esprit et choisir ce que nous en faisons.

  1. Accueillir = activer la ressource de patience: en choisissant intentionnellement d’être avec, d’inclure la dimension sensorielle de l’expérience, plutôt que rester au niveau mental en portant une attention curieuse et amicale au niveau des sensations corporelles.
  1. Être curieux.se: Ici la patience se révèle être est une précieuse alliée, face à l’inconfort, la douleur. Avec la pratique je la ressens comme la compassion en action. C’est une qualité de générosité, envers soi et envers les autres.

Par exemple quand il y a de l’impatience, je peux ressentir les pensées qui s’agitent, le corps se contracter, les tensions dans les mâchoires. Là où la patience permet aux muscles de se relâcher, à la respiration de se libérer.

Et dans ce processus, il est important d’être attentif.ve à ne rien forcer : nous ne pouvons pas forcer la patience, au risque d’intensifier les tensions. Il s’agit ici d’un processus de douceur, qui nous amène à sentir ici, ce qui est aidant et soutenant.

  1. Choisir sa réponse: A partir de cet espace de liberté intérieure qui prend forme, nous sommes alors en capacité de répondre de manière plus appropriée à ce qui se présente à nous, de vraiment prendre soin de ce qui demande attention.

Ce n’est pas facile, les habitudes de l’esprit et nos schémas de résistances ont la peau dure.

Un océan de patience

Dans les enseignements de la pleine conscience, la métaphore de l’océan est souvent utilisée. Ce qui fait écho en moi ici, c’est l’image du surfeur : d’abord le processus d’attente de la bonne vague et puis ce corps à corps avec les éléments. Quand je visualise les surfeurs dans leur rapport à l’océan, je ressens cette qualité de présence, de patience et de force que je rencontre dans ma pratique de méditation.
Quelque part ne sommes-nous pas tous.tes des surfeurs sur les vagues de la vie ?

« Nous ne pouvons arrêter les vagues, mais nous pouvons apprendre à surfer » Swami Satchidananda

Alors que la pratique de la pleine conscience est encore souvent considérée, comme un processus intellectuel, l’image du surf est un bel exemple d’incarnation physique, de cette qualité de présence à l’instant présent, qui exprime à la fois la patience et la confiance. La confiance que nous aborderons dans le prochain article.

Comme nous pouvons le rencontrer au quotidien, la vie nécessite une patience infinie.
Avec le temps, la patience a pour moi le goût de la générosité et de la douceur du cœur. Elle me révèle toute sa puissance dans les moments délicats. Et me rappelle que le chemin à travers les difficultés se fait toujours un pas à la fois, une respiration à la fois, un jour à la fois… Comme Rilke nous y encourage dans ce poème :

Je vous prie d’être patient à l’égard de tout ce qui dans votre cœur est encore irrésolu,

et de tenter d’aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue étrangère.

Ne cherchez pas de réponses, qui ne sauraient vous être données maintenant,

car vous ne seriez pas en mesure de les vivre.

Or, il s’agit précisément de tout vivre.

Vivez maintenant les questions.

Peut-être en viendrez-vous à vivre peu à peu, sans vous en rendre compte, un jour lointain, l’entrée dans la réponse.  Rainer Maria Rilke – « Lettres à un jeune poète »

 

Proposition d’exploration pour la semaine

Je vous propose cette semaine de cultiver la pleine conscience à travers l’attitude de la patience . En gardant l’expérience  simple et ludique  : choisir un moment de votre quotidien qui fait appel à votre patience et être curieux.se ici : “tiens, quelles sont les pensées, les émotions et les sensations présentes? “.

Je vous souhaite une semaine riche en découvertes et pleine de douceur 🌻,

Pour vous soutenir dans ce processus de découvertes et de clarté intérieure vous êtes la bienvenue aux pauses méditatives gratuites en ligne

Cet aricle vous a interessé? Merci de le partager!  Ensemble semons les graines de pleine conscience🕊 !

 

 

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