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Pleine conscience: du non jugement au discernement

par | Juil 20, 2020 | Pleine Conscience

Le non jugement est la deuxième des 9 attitudes de base de la pleine conscience que nous explorons ici. D’une manière générale elles sont toutes interconnectées. Ainsi le non jugement a beaucoup à voir avec l’esprit du débutant.

Comprendre plutôt que juger….

De tous les éléments qui nous coupent de la réalité du moment présent il y a le jugement.

Lorsque nous pratiquons la méditation de pleine conscience nous découvrons vite une tendance commune de l’esprit à étiqueter, à catégoriser, à comparer, les : «  j ’aime.. », « j’aime pas ..» , « trop… », « pas assez… » ou « je suis pas assez…. », (je vous laisse remplir les pointillés).

Une habitude qui si elle reste inconsciente, nous enferme dans des réactions automatiques, pouvant être coûteuses en termes de santé, de relations personnelles et interpersonnelles.

Nous ne pouvons empêcher les jugements d’émerger dans le champ de la conscience, tout comme nous ne pouvons nous empêcher de penser, c’est la nature de l’esprit de vagabonder. Cependant, nous pouvons nous entraîner à reconnaitre ce qui émerge dans notre esprit et intentionnellement choisir de suspendre le jugement, telle est l’invitation de la pratique de pleine conscience

Vous ne pouvez pas contrôler vos pensées

mais vous pouvez arrêter de les laisser vous contrôler »

Daniel Goleman – « L’intelligence émotionnelle »

Lorsque nous méditons nous nous entraînons à accueillir avec bienveillance,  les différentes dimensions de l’expérience : il y a des pensées et aussi des émotions et des sensations corporelles.
Revenir ici à l’esprit du débutant, en nous souvenant que les pensées qui colorent habituellement nos expériences sont en grande partie influencées par nos conditionnements.

« Au-delà des idées du bien et du mal, il y a un domaine, je vous y rencontrerai » – Rumi

Sincèrement c’est un entraînement: l’esprit a ses habitudes !
Et c’est important,  parce que la réponse que nous allons donner à ce qui est présent,  sera fonction de la clarté que nous aurons.  En outre , cette façon d’être critique ne se limite pas à nous-mêmes, nous projetons cette façon d’être au monde.

Que se passe dans notre cerveau lorsque nous nous jugeons ?

Ce que nous pratiquons est ce qui grandit, se renforce
C’est ce que les recherches scientifiques en neuroplasticité montrent de manière exponentielle ces 20 dernières années: ce à quoi nous prêtons attention, nos expériences répétitives (conscientes et inconscientes) modèlent notre cerveau, sculptent nos connexions synaptiques.

La capacité à juger/ à se juger, est puissante et universelle quel que soit l’âge et la condition, avec la croyance que cela nous aidera à avancer. Or ce que les études  mettent en évidence c’est juste le contraire.
Le jugement et souvent le sentiment de honte qui en découle, constituent un stress négatif pour l’organisme.

« le stress négatif, est la relation particulière entre une personne et son environnement, qui est perçu par la personne comme éprouvant ou dépassant ses ressources et mettant en danger son bien-être » – Richard Lazarus

Quand le stress est modéré, il peut être stimulant, source de dépassement et de créativité. Mais quand le stress est majeur et/ou répété, une grande détresse peut apparaître avec des effets nocifs sur la santé physique, psychique et intellectuelle.

D’un point de vue physiologique, cela libére une cascade d’hormones du stress (adrénaline, noradrénaline et cortisol) qui envahissent le cerveau et bloquent l’accès aux apprentissages. L’individu est alors maintenu dans des stratégies inconscientes de survie: qui sont la fuite (comportement d’évitement) , l’attaque ( comportement agressif) ou l’immobilité.

L’apport de la méditation de pleine conscience

Dans le processus méditatif nous pouvons distinguer 4 étapes:

  1. Reconnaitre : la première étape est de remarquer le caractère jugeant du mental. C’est très important, comme le dit une de mes enseignantes: c’est un moment de célébration, car c’est un moment où nous sommes pleinement présents, un moment où nous pouvons exercer notre capacité de choix. Et remarquer peut-être aussi une tendance à « juger le jugement », rassurez-vous c’est très commun !

Donc ici l’invitation de la pleine conscience est de s’ouvrir à une nouvelle dynamique: en suspendant le jugement.  Apprendre à le reconnaître pour ce qu’il est: un jugement, fruit de nombreux conditionnements, attentif.ve à ne pas rentrer dans le narratif de l’esprit.

Il est précieux de comprendre que nous ne sommes pas fautifs.ves de ce qui émerge dans le champ de la conscience, c’est ce que la neuropsychologie appelle le « mode par défaut ». Par contre, nous avons la responsabilité de reconnaitre ce qui se présente à l’esprit, pour pouvoir choisir ce que nous en faisons.

  1. Accueillir = Inclure la dimension sensorielle de l’expérience, plutôt que de rester au niveau mental en portant une attention curieuse et amicale au niveau des sensations corporelles. L’attitude est déterminante, car ce qui se manifeste au niveau des sensations corporelles peut s’avérer inconfortable, voire douloureux. Et la tendance de l’esprit peut être l’évitement, se couper de l’expérience par la distraction.

« Chaque condition que je fuis me poursuit,

Chaque condition que j’accueille me transforme

Et se transforme  » – Jennifer Welwood

  1. Attention amicale : apprendre à être avec, quelque soit ce qui se présente à nous, avec douceur et compassion (tout comme nous pouvons l’offrir à notre enfant, ou tout autre être ).  Les études en neurosciences ont mis en évidence que s’offrir cette qualité de relation soutenante, agit comme un puissant régulateur de stress . Une telle attitude relâche une autre cascade d’hormones : ocytocine et dopamine, qui allument les zones d’apprentissage au sein du cerveau (néocortex). Cela permet de nouvelles connexions neuronales et nous donne accès aux ressources internes, pour pouvoir traiter avec plus d’acuité les informations perçues en temps réel par nos 5 sens.
  2. Répondre : Nous sommes alors en capacité de répondre de manière plus appropriée à la situation et, de vraiment prendre soin de ce qui demande attention.

Pour illustrer ce propos voici un exemple: j’ai beaucoup de difficultés avec la technologie, cela me prend beaucoup de temps et d’énergie et si je ne prête pas attention aux signes précurseurs de tension physique et psychique, je peux vite me sentir submergée émotionnellement.

Grâce à ces quelques années de pratique quotidienne, aujourd’hui je peux plus aisément identifier les pensées et les émotions qui me traversent l’esprit et ne plus m’identifier à celles-ci. Ce n’est pas pour autant qu’elles ont totalement disparu. En fait, c’est ma relation à elles qui a évolué, et par ricochet ma relation à moi-même, à la manière dont je m’accueille et m’accompagne dans ces moments où je sens mon corps se contracter, parfois trembler quand le stress est trop intense.

Même s’il m’est renvoyé que ma sensibilité peut sembler disproportionnée pour d’autres personnes, je peux à la fois m’accueillir et respecter ce que je sens, en prendre soin avec douceur, avec la compréhension que l’autre n’est pas dans cet accueil des émotions déjà par rapport à lui/elle-même, cela n’a rien de personnel.

Sincèrement cela fait toute la différence ! Dans ces moments, le simple geste de mettre ma main sur mon cœur me permet de ressentir que je suis là pour moi et l’apaisement que cela génère.

Du jugement au discernement

Ce que je redécouvre chaque jour dans ma pratique de pleine conscience, ainsi que dans les témoignages, c’est qu’elle nous amène à prendre la responsabilité d’être nous-même, de revenir à notre propre nature d’être humain.e, en apprenant à nous écouter, nous respecter, nous faire confiance, déjà sur le plan individuel. Et avec cette ouverture de conscience et de cœur, d’apprendre à nous « ex-primer » avec ce même respect dans nos relations interpersonnelles et pour le monde dans lequel nous vivons.

Je vous propose cette semaine d’explorer par vous-même ce processus de la pause consciente, lorsque vous observer des jugements. Au delà de tous les mots la pratique est avant tout expérientielle! C’est l’opportunité de créer une nouvelle relation par rapport à cette vie qui vous habite, à tous ces courants qui vous traversent. En gardant l’expérience simple : porter une attention curieuse et amicale, attentif.ve à ne rien forcer, à être dans le respect de ce que vous sentez et à en prendre soin.

Je vous souhaite une semaine riche en découvertes 🌻,

Pour vous soutenir dans cette exploration vous pouvez découvrir mardi la méditation en lien avec le non jugement sur instagram

Vous pouvez aussi me rejoindre lors des pauses méditatives gratuites du mardi en ligne

Merci de partager l’article, ensemble semons les graines de pleine conscience !